Après l’échouage du cargo maltais à Erdeven

La Bretagne ne veut plus rien laisser passer et se constitue partie civile.

Quarante-huit heures après l’échouage du TK Bremen sur la plage de Kerminihy à Erdeven (Morbihan), lors de la tempête qui a secoué la Bretagne dans la nuit de jeudi à vendredi, la Région Bretagne, par la voix de son Président, Jean-Yves Le Drian, a décidé de se porter partie civile prés du TGI de Brest au titre du préjudice écologique et de l’atteinte a l’image de la Bretagne.

Il y a 12 ans, presque jour pour jour, le 12 décembre 1999, l’Erika sombrait au large de la Bretagne ses cuves chargées de fioul lourd. Alors que cette  tragédie est encore dans la tête de tous les Bretons, le cauchemar se reproduit avec l’échouage du TK Bremen, navire battant pavillon maltais, comme l’Erika, et ceci dans des circonstances qui soulèvent encore de nombreuses interrogations.

Sur les 190 tonnes de fioul contenues dans ses deux cuves, plusieurs dizaines de mètres cubes se sont déjà déversés dans la mer, malgré le pompage mis en place dans le cadre du plan Polmar activé avec efficacité et rapidité par les autorités. Hier, 32 m3 de gasoil avaient été pompés et déjà 73 m3 de sable pollué ramassés. Les conséquences écologiques risquent, une nouvelle fois, d’être considérables au regard du site touché.

Une zone conchylicole majeure concernée

L’échouage s’est en effet produit à proximité directe de la ria d’Etel. Près d’une cinquantaine d’exploitations conchylicoles y est installée. Près de 2000 tonnes d’huitres creuses y sont produites chaque année, ainsi que quelques centaines de tonnes de coques et de palourdes. Aujourd’hui  grâce à l’action des ostréiculteurs, le danger sanitaire semble circonscrit.


Deux sites classés Natura 2000 menacés

Par ailleurs, les dangers environnementaux sont évidemment extrêmement importants car le TK Bremen  a échoué sur un site préservé long de 25 km, situé au cœur d’un Grand site dunaire. La Ria d’Etel et la Baie de Quiberon sont aussi deux sites classés Natura 2000 par la richesse de leur faune et de leur flore.

Pour bien montrer le risque écologique qui pèse sur ces deux sites : on y trouve, notamment, des paysages et des habitats protégés au niveau européen (vasières, dune grise, prés salés, herbiers de zostères, lamproie marine…) mais aussi plus de 700 espèces végétales, des espèces de papillons peu communes en Bretagne, une avifaune riche et variée (Bernache cravant, Échasse blanche, Spatule, Traquet motteux…), ainsi qu’une population d’amphibiens et d’odonates dense. Sans oublier une trentaine d’espèces végétales protégées aux niveaux national, régional et européen comme le Panicaut vivipare,  la Bourrache du littoral, L’Oseille des rochers…

Des sites que la Région Bretagne a inscrits dans le cadre d’un partenariat avec l’Etat.

 


Prendre en compte le préjudice écologique, l’atteinte au patrimoine naturel et a l’image de la Bretagne

C’est parce qu’elle est très attachée à la protection de son littoral et à la préservation de ses espaces naturels, trop souvent souillés par des pollutions volontaires, que la Région Bretagne a décidé de déposer plainte et de se constituer partie civile près le TGI de Brest.

Le Conseil régional, et son Président, Jean-Yves Le Drian, entendent ainsi connaître les conditions dans lesquelles ce naufrage s’est produit mais aussi rappeler, après le combat judiciaire de l’Erika, la nécessaire prise en compte du préjudice écologique et d’atteinte au patrimoine naturel et faire savoir que la Bretagne ne laissera plus rien passer concernant la pollution maritime.

Le Président de la Région porte plainte également pour l’atteinte à l’image de la Bretagne. Car avec l’échouage de ce cargo maltais, ce sont encore une fois les plages bretonnes qui sont souillées, le travail de centaines d’hommes et de femmes qui est menacé, le patrimoine naturel qui est en danger et au-delà l’image de toute une région qui est salie.

Dans le souci de défendre l’intérêt général de tous les Bretons et pour connaître toute la vérité, Jean-Yves Le Drian déposera donc plainte demain, lundi 19 décembre.

Communiqué de presse, Région Bretagne.