Quand le lobby nucléaire dicte sa loi aux représentants du Peuple...

Ces derniers jours, des affirmations caricaturales ont fusé de toute part pour qualifier d’apocalyptique une transition énergétique pourtant indispensable et créatrice d’emplois. Rappelons qu'en Allemagne, la filière des énergies renouvelables emploie désormais 370 000 personnes

Ces événements graves révèlent aujourd’hui à quel point l’industrie nucléaire a pris le pas sur le politique et paralysé notre démocratie.

Les nucléocrates de tout bord avec un duo gagnant Besson-Copé n'ont cessé de falsifier les chiffres. Le réacteur EPR , soit disant fleuron de notre industrie souffre de quatre années de retard, de trois milliards d'euros de surcoût pour un budget total déjà supérieur à 6 milliards, 2156 « produits non conformes » déjà enregistrés sur le chantier. De plus, l'EPR ne répond à aucun besoin électrique et était justifié par EDF en tant que « tête de série » annonçant le remplacement du parc nucléaire français actuel par des EPR ..Rien d'étonnant donc à ce qu'EDF fasse connaître son intention d'en finir avec « cet échec industriel manifeste » ainsi que l'a révélé le 13 novembre dernier le journal La Tribune. La meilleure preuve est qu' aujourd'hui, EDF planche avec son partenaire, l'électricien chinois CGNPC, sur un autre réacteur, plus petit (1.000 MW contre 1.700 MW pour l'EPR). « Et celui-ci n'aura pas grand-chose à voir avec l'EPR »

Vaut-il mieux perdre 3 milliards... ou bien 6, 8 ou 15 ? Il coûte infiniment moins cher d'arrêter le chantier d'une centrale nucléaire qui n'a jamais démarré, à l'instar du réacteur nucléaire allemand de Kalkar reconverti en parc d'attractions, plutôt que d'essayer de le démanteler après que son fonctionnement l'aura rendu hautement radioactif.

L'EPR est déjà un échec. Qui peut encore l'ignorer? Ce sont déjà au moins 3 milliards qui ont été dilapidés dans ce chantier, alors qu'ils auraient pu servir à créer des milliers d'emplois dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables ?

A qui profite cette triste partie de poker menteur ? Au delà du scandale qu'elle représente, elle pose la question du rôle des politiques et de leur capacité à préserver l'intérêt général, à protéger les citoyens. Ne laissons pas le lobby nucléaire contaminer notre démocratie et continuons à construire progressivement mais fermement la sortie du nucléaire.

Marie-Pierre ROUGER
Conseillère régionale