Législatives. Lettre ouverte à Louis Feuvrier

À quelques mois des législatives, les tractations sont bien avancées : accords entre partis, parachutages, candidatures sans étiquette mais non sans couleur... de quoi désorienter l'électeur ou pire l'éloigner une nouvelle fois des élections.

Et il y a des circonscriptions où la confusion est grande. C'est le cas de la 6ème circonscription d'Ille-et-Vilaine et c'est dans ce contexte que Pascal Dallé, co-président de Bretagne Ecologie, a adressé une lettre ouverte à Louis Feuvrier, actuel maire de Fougères et désormais candidat déclaré aux prochaines élections législatives.

Monsieur Feuvrier,

Le choix, apparemment consensuel, fait par le PS et EELV de dédier Fougères aux écologistes dans le cadre de l’accord national n’est pas le fruit du hasard. Les deux partis savaient pertinemment qu’ils allaient trouver sur leur chemin des réticences vous permettant de franchir le pas de la candidature.

Vous justifiez votre positionnement en rappelant l’échec de 2007, vous en oubliez les raisons. Une candidature déjà encouragée par des « dissidents » dits de gauche n’avait pas permis à Marie-Pierre Rouger d’accéder au deuxième tour alors qu’un seul point la distançait de Thierry Benoît, lui permettant d’être élu avec les voix de gauche face à Marie-Thérèse Boisseau qui, elle, s’affichait clairement de droite.

Même si, à titre personnel, je ne trouve pas de justification à la candidature écologiste aux présidentielles, le mode de scrutin actuel ne permet pas une présence représentative d’élus écologistes à l’assemblée nationale, encore moins de femmes d’ailleurs ; c’est ce cadre qui a motivé l’accord national.

Je peux comprendre l’attachement de certains maires de ville-centre à s’autodésigner représentant légal de la circonscription à l’Assemblée nationale, il ne faut cependant pas occulter la part importante que représente l’électorat rural et rurbain à l’intérieur de celle-ci.

Notre démocratie gagnerait en vivacité et en efficacité avec des élu-e-s en capacité de proposer un autre mode de développement pour sortir de la crise et assurer un avenir aux jeunes. Des élus disponibles qui ne cumulent pas les mandats, véritable plaie de notre démocratie.

Bien cordialement,

Pascal Dallé