Non contents de l'adoption du dérivé de l'amendement Le Fur, les productivistes demandent maintenant la fin de « couverture d'hiver ». Le fléau des algues vertes les laisse de marbre au point même de ne plus ni le voir ni les sentir...
En voulant simplifier les procédures, les lobbyistes porcins encouragent et accélèrent de fait la restructuration déjà bien engagée en favorisant le ''rapprochement'' des exploitations avec pour seule ambition de toujours produire plus, sans se préoccuper de la valorisation de cette production, ni même des problèmes environnementaux présents et à venir. Mais qui dit restructuration dit disparition d’exploitations et d’agriculteurs. L’amendement Le Fur, c’est la fin des paysans au profit de l’agro-business !
Les mêmes productivistes demandent maintenant l'abandon de la « couverture d'hiver », pourtant garante de l’absence de lessivage de l’azote et du phosphore à la fin de l’automne. Ils dénoncent aussi les travailleurs polonais dans les élevages allemands. Sous prétexte de vouloir être à armes égales avec nos voisins européens, nos vendeurs de cochons, demandent une harmonisation par le bas. Plutôt que de céder à cette pression de l'agro-business qui pense que la voie pour être « compétitif » est de développer les volumes sans se soucier de la valeur ajoutée créée et encore moins des dégâts sociaux et environnementaux, il faut revenir aux fondamentaux agronomiques basé sur le lien au sol et aux fondamentaux sociaux basé sur le respect de la dignité humaine. L'association Bretagne Écologie dénonce cette fuite en avant. Elle soutient et encourage une politique agricole et alimentaire qui replace l'humain, les ressources naturelles et la santé, au cœur de celle-ci. Nous devons demander une harmonisation des règles environnementales et sociales par le haut, au niveau européen et au niveau mondial. L’agriculture n’est pas une marchandise, on ne peut jouer avec l’alimentation. Le secteur agricole doit être protégé de façon à garantir l’autonomie alimentaire des populations.
La Bretagne a tout à gagner à produire un peu moins en volumes en augmentant la valeur ajoutée agricole, nécessaire au maintien des emplois tout le long de la filière. Les derniers chiffres de l’observatoire de l’agriculture biologique en Bretagne viennent nous démonter que cela est possible. En 10 ans, la Bretagne a perdu 1,9% de ses terres agricoles et le nombre d’agriculteurs bretons est passé de 92 545 à 37 658 en 2007. Face à cette saignée agricole, l’agriculture biologique enregistre un solde positif en 2010 de 238 fermes bio et de 7 500 hectares supplémentaires en bio. Elle prouve ainsi qu’un autre modèle agricole est possible !
(*) Source : Agreste, Mémento 2009
Le comité d'animation
Bretagne Écologie
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