
Le groupe des élus Bretagne Écologie au Conseil régional souhaite réagir suite à l’article (relatif à la future CCI Régionale, CCIR) de M. René Perez dans l'édition du Télégramme du 2 décembre. Les raccourcis et les interprétations sont nombreuses dans l'article de René Pérez.
Nous tenons tout d'abord à rappeler que notre positionnement exprimé dans notre communiqué du 19 novembre relatif à la CCIR était le suivant : plus que la localisation, ce qui compte, c'est le projet ! Le groupe Bretagne Écologie n'est en rien opposé à l'implantation de la CCIR à Brest mais il tenait à préciser que ce qui importait, c'est bien le positionnement futur des responsables de cette CCI régionale sur les grands enjeux économiques de la Bretagne. Et l'énergie en est un ! Sur ce sujet, René Pérez nous accuse de n'avoir pas de propositions ( * )
Il stigmatise les énergies renouvelables en arguant que les éoliennes ne produisent pas durant la vague de froid que subit la Bretagne actuellement. Ceci n'est pas exact. L’épisode rigoureux actuel n’est pas un épisode anticyclonique sans vent comme il est écrit dans l’article, et les éoliennes sont loin d’être arrêtées... Ce jeudi matin 2 décembre par exemple, le vent souffle jusqu’à 40 km/h sur les plateaux et côtes du Finistère équipés d’éoliennes, et celles-ci produisent correctement.
La fragilité électrique de la Bretagne est un problème d'équilibre entre la production et la consommation. C'est pourquoi la première priorité du pacte électrique breton pour lequel notre collègue Dominique Ramard, conseiller régional délégué à l'énergie, s'est mobilisé est la maîtrise de la consommation électrique. Les kilowattheures économisés sont le premier gisement énergétique de notre région. Nous devons produire des négawatts en Bretagne. Les marges de manœuvre sont considérables d'abord au niveau des pics (par exemple par l’installation systématique de pré-refroidisseurs de lait dans les élevages) et ensuite de façon plus régulière.
Du côté de la production, le développement de toutes les énergies renouvelables est un impératif pour développer nos capacités de manière décentralisée et en intégrant l'enjeu climatique. Certes, leur intermittence ne donne pas aujourd'hui de garanties suffisantes. C'est pour cela que la Région engagera dès 2011 des actions permettant de développer les modes de stockage de l'électricité et de gestion intelligente des réseaux, avec comme éventualité la constitution de bassins en hauteur, de Step (stations de transfert d'énergie par pompage) pour constituer des réserves mobilisables pour les périodes de pointes de consommation, comme cela se fait déjà ailleurs.
La mise en service d’un nombre important d’unités de co-génération de plusieurs kilowatts à quelques Mégawatts décentralisées dans les territoires, avec comme objectif le moins de gaz à effet de serre émis possibles peut apporter une réponse rapide et efficace.
A terme, le développement de boucles énergétiques locales pour des territoires progressivement autonomes à partir d’énergies renouvelables est envisageable. Citons ainsi le territoire du Mené (22) qui s’est fixé un objectif d’autonomie énergétique de 60 % à échéance 2020.
Quant au timing des propositions avancées par notre groupe, l’urgence des solutions étant évoquée dans l’article, avant qu’une éventuelle centrale à gaz en Finistère (ou 2 comme le réclament certains…) ne soit opérationnelle, c’est à dire au minimum 5 ans, les solutions préconisées ci-dessus auront bien eu le temps d’être opérationnelles et de montrer leur efficacité. Il nous semble même que les chefs d'entreprise savent désormais que la compétitivité repose aussi sur la maîtrise des coûts, et notamment ceux de l'énergie. Préparer l'avenir économique des entreprises bretonnes, c'est aussi les faire entrer dans l'ère de l'énergie rare.
* Lors de la dernière séance du Conseil régional, Marie-Pierre Rouger avait pourtant décliné un panel de solutions. Consulter son intervention.
Pour les élus Bretagne Écologie au Conseil régional de Bretagne,